3 MOIS APRÈS LES COULÉES DE BOUE ET INONDATIONS

Hannah Sesay est l'une des survivantes de la tragédie qui a frappé la Sierra Leone et coûté la vie de plus 1000 personnes en août dernier. Aujourd'hui, après avoir avoir tout perdu dont son mari, elle ne sait plus comment continuer à nourrir et éduquer ses enfants. Si la communauté internationale a réagit rapidement avec notamment le travail de l'équipe Street Child qui a procuré  plus de 85,000 repas, de l'eau, des vêtements, des couvertures et de l'aide psychologies aux victimes. L'impact sur le long terme est particulièrement visible pour les mères de familles comme Hannah.

Le 15 novembre dernier, le gouvernement de la Sierra Leone a commencé à fermer les camps où Hannah et des milliers de victimes vivent. Les victimes enregistrées ont reçu des colis d'aide composés de 225 euros, de riz, l'huile, de savon, des couverts et des tasses.  En échange, elles ont dû promettre de quitter le camp. Les colis ont pour but de soutenir les victimes à se reconstruire et partir de Freetown. Malheureusement, ce n'est pas suffisant.

Une semaine après que les camps aient fermé Hannah, qui est enceinte et qui s'occupe de 5 enfants, a déjà utilisé son argent pour louer une chambre faite de  zinc. Elle utilise l'huile pour cuisiner une soupe qu'elle vend dans la rue. Elle dépense chaque jour le peu de monnaie qu'elle gagne pour nourrir ses enfants sans pouvoir épargner. Mais Hannah n'est pas seule.

 

Marie a tout perdu dans les coulées de boues, dont sa fille. Avant la catastrophe, elle vendait du riz et de l'huile de palme. Elle aimerait rouvrir son commerce mais n'a plus les moyens d'acheter les matières premières. La semaine dernière, son fils de 11 ans a été renvoyé de l'école car elle ne pouvait pas payer les photos d'identité nécessaires pour les examens officiels. Les frais de scolarités s'élèvent à  380,000 leones, elle ne peut plus les payer. “Mon plus grand défi est de trouver de l'argent pour ouvrir un commerce et soutenir mes enfants. Ils ont besoin de nourriture.”

Dans un pays où les gens n'ont pas de comptes bancaires et pour qui leurs maisons sont aussi leurs lieu de travail, perdre leur maison signifie la perte de leur épargne et de leur espoirs d'avenir. Ces camps à Freetown ont donné aux victimes un endroit pour dormir. Maintenant ils n'ont nulle part où aller.

Kadiatu fait partie de ces quelques familles restantes à Old School camp à Freetown. Elle dort avec ses trois enfants sur un matelas dans une tente vide avec quelques autres personnes autour. Son bébé a deux mois. On lui a dit qu'elle devait partir après avoir reçu son argent.  “Je n'ai nulle part où aller. Si je reçoit l'argent jeudi, je n'aurais toujours pas de logement, je vais dormir dans la rue avec mes enfants.” Nous espérons avec le réseau Street Child apporter une aide à ces familles vulnérables pour qu'elles puissent se reconstruire. Street Child se spécialise dans le soutien aux mères via la mise en place de boutiques durables afin qu'elles puissent pourvoir aux besoins de leurs enfants en terme de nourriture et d'éducation.  A Freetown, de nombreuses familles font face à un futur incertain après avoir tout perdu. Notre travail est vital pour leur donner un avenir meilleur.   

Vous pouvez continuer à les soutenir en faisant un don ici.

Florian Weimert