Mavi, volontaire en Sierra Leone

Mavi étudie en France et a fait son stage au bureau Européen de Street Child à Barcelone. Elle suit maintenant notre Programme de Volontaire International et aide à l'organisation des projets et du Marathon de la Sierra Leone. Avant de partir elle a notamment levé 1200€ pour Street Child. Elle nous raconte son aventure :

  Vous pouvez voir Mavi accroupie à gauche de Marie - avec l'équipe de Street Child à Makeni, Sierra Leone.

Vous pouvez voir Mavi accroupie à gauche de Marie - avec l'équipe de Street Child à Makeni, Sierra Leone.

Après avoir débarqué à Makeni, je suis immédiatement appelée au Clubhouse, le restaurant dont les bénéfices sont reversés aux projets de Street Child. Rencontrer le propriétaire Papay me racontant comment le restaurant devient complet durant la semaine du Marathon me fait rêver. J’ai pu lire des phrases inspirantes sur les murs et découvrir l’espace dédié à la collecte de fonds des participants au Marathon. J'imagine déjà l'endroit plein à craquer, l'ambiance festive, les cris et les applaudissements suite aux dons recueillis par les coureurs.

Au Clubhouse vous ne mangez jamais seul ; les tables sont accolées et tous les soirs, vous rencontrez des locaux ou étrangers travaillant pour les différentes ONG et entreprises de Makeni. Lorsque vous parlez du Marathon de la Sierra Leone, tout le monde est d'accord : « C'est la plus belle semaine de l'année ! », « La ville est remplie, chaque jour est une fête »  et encore « Vous verrez, vous allez adorer ». C’est certain ! C'est l'événement le plus important de l'année à Makeni. L’enthousiasme est magique mais j’ai aussi un peu peur car faire partie de l'équipe organisatrice est une grande responsabilité.

Quelques semaines après mon arrivée en Sierra Leone et la visite des projets, j'arrive face à cette équipe qui organise la septième édition du Marathon. Je vais devoir gérer les inscriptions, les sponsors et la promotion au niveau local ; la quantité de travail semble immense ! Ils me racontent que l'événement est organisé chaque année par une équipe différente de bénévoles qui, accompagnés d'un membre du personnel local et d’un directeur du bureau de Londres, parviennent à réaliser ensemble un événement à la fois sportif et festif pour les participants et également décisif pour la vie de centaines d’enfants qui autrement n'auraient pas accès à l'éducation.

Sierra Leone - Street Child

Les moyens dont nous disposons pour travailler sont rudimentaires, comme la vie à Makeni. Notre bureau est le mur extérieur de notre résidence d’hébergement, sur lequel sont affichés une chronologie et les documents importants. L'accès à Internet est limité et l'envoi de mails simples est parfois un défi. Il faut être créatif pour trouver des façons de contourner les imprévus ou autres petits problèmes quotidiens. L'autre jour, nous étions en direct sur une radio locale lorsqu’une coupure de courant nous a forcés à mettre fin à notre interview. Travailler dans ces conditions peut sembler frustrant mais c'est en réalité stimulant.
 Je pense que les coureurs apprécieront le côté « aventure » qui caractérise le Marathon de la Sierra Leone : le parcours peut être exigeant mais devoir abandonner le confort de notre vie occidentale est une expérience qui restera à jamais gravée dans leur mémoire.

Malgré les difficultés, l'organisation du Marathon bat son plein. Tous les matins, des membres de l'équipe marchent 5 ou 10 km revêtus d’un t-shirt promotionnel. Des affiches sont visibles à chaque coin de rues et nous sommes prêts pour le lancement officiel à Freetown, la capitale. L'événement suscite un grand intérêt auprès des médias locaux qui nous invitent continuellement à participer à divers programmes de radio et une chaîne nationale nous a même proposé un direct. Les conversations avec des potentiels sont prometteuses, il semble que toute la Sierra Leone veut participer au marathon !

Le soutien local est essentiel au succès de l'événement sans quoi les visites des projets seraient impossibles. Ils occupent une grande part du séjour et permettent aux coureurs de voir comment l'argent collecté est utilisé par Street Child. J’ai moi-même été touchée par le travail de Street Child dans les écoles locales et les histoires des enfants sont dures à entendre. Ebola a en effet tué des milliers de personnes, laissant des orphelins en situation de grande détresse et de pauvreté. Discuter avec ces enfants qui ont tout perdu m'a définitivement aidée à revoir mes problèmes et à être plus reconnaissante. Même  10 € - qui peuvent correspondre à un repas dans un petit restaurant en Europe – permettent de faire la différence pour ces enfants qui manquent de matériel scolaire et ne peuvent aller à l’école.