Le Sierra Leone Marathon 2018 - L'expérience de Josh

Il y a deux semaines se déroulait le Sierra Leone Marathon 2018 avec des centaines de participants internationaux. Josh, qui a vécu une partie de sa jeunesse en France, est engagé depuis des années dans l'association. Il a notamment levé des fonds et visité les projets Street Child a plusieurs reprises. De plus, Josh a participé au Nepal Marathon et à toutes les éditions du Sierra Leone Marathon. C'est un plaisir de le voir si impliqué mais attention car après avoir lu son expérience, vous voudrez vous aussi participer ! 

Pourquoi as-tu décidé de participer au Sierra Leone Marathon ?

Je cours depuis toujours. J’ai participé à des courses à travers le monde, toujours en quête d’une "performance", du record personnel tant espéré. Mais au bout d’un certain nombre d’années, on se lasse de courir pour sa gloire personnelle… et pour être tout à fait honnête, la quarantaine passée, il faut beaucoup plus de travail si on veut rester au sommet de ses prouesses athlétiques. Une nouvelle formule s’impose, donc. Une nouvelle raison pour courir.

J’ai été l’heureuse victime d’une campagne de démarchage téléphonique – j’ai été contacté par Jannah Britt-Green, qui était membre du conseil d’administration de Street Child à l’époque. Elle faisait partie d’une équipe chargée d’organiser la toute première manifestation sportive de masse de l’Afrique de l’Ouest – à peine quelques années après la fin d’une guerre civile qui avait ravagé le pays pendant une décennie. Elle avait pour ce faire un bureau à Londres, un téléphone, une longue liste de numéros de téléphone de clubs de course pédestre et – heureusement – beaucoup de patience et encore plus de bonne volonté.

Jannah parlait tellement vite que je ne pouvais pas en placer une. Les mots sortaient de sa bouche à la vitesse du marathonien sierraléonais qui allait gagner la course quelques mois plus tard. Mais elle avait trop de charme pour que je lui raccroche au nez. Je me suis inscrit le jour même. Un vrai coup de tête.

Josh - Sierra Leone Marathon

Quel aspect du voyage restera gravé dans ta mémoire ?

Les gens si souriants et accueillants et les paysages somptueux et riches d’un pays qui fait partie des nations les plus pauvres de la planète. Les opportunités tous les jours – dans le cadre des interventions dans des écoles et des visites à d’autres projets soutenus par l’ONG – de voir exactement à quoi sert l’argent récolté par Street Child. Les occasions de discuter avec d’autres coureurs qui partageaient les mêmes points de vue et les mêmes valeurs… et qui voulaient faire de la course à pied une force positive pour rendre le monde meilleur.

Projet humanitaire Afrique
Marathon Afrique

Comment as-tu vécu le marathon ? Quelle est la différence entre le Sierra Leone Marathon et un autre marathon ?

Londres, Berlin, Amsterdam… ce sont des courses que l’on « subit »… la plupart du temps dans une tentative de battre un record personnel. On est concentré en permanence sur son allure, la tête remplie de chiffres et de calculs pour savoir exactement ce qu’il faut faire pour réaliser son objectif. Le plaisir n’est pas au rendez-vous. Mais le Sierra Leone Marathon … on veut que ça dure le plus longtemps possible, pour pouvoir profiter des paysages, pour pouvoir applaudir les enfants qui longent les sentiers et qui – à leur tour – encouragent et applaudissent les coureurs… pour pouvoir discuter avec les bénévoles de la Croix-Rouge qui servent à boire aux stations de ravitaillement et qui ont tous des histoires délirantes à raconter sur l’histoire de leur pays. Bref, on ne court pas le Sierra Leone marathon : on le vit.

Que peux-tu nous dire sur ta collecte de fonds ? Comment l'as-tu vécue ?

Courir dans la jungle à quelques centaines de kilomètres seulement de l’équateur… dans un pays qui a été ravagé par une guerre civile, suivie d’une épidémie d’Ebola ? Ton choix sort de l’ordinaire. Tu es certainement aventurier, tenace et courageux. Il suffit de le démontrer dans ta stratégie de collecte de fonds pour inspirer tes collègues et tes amis… pour qu’ils épousent la cause de Street Child et te soutiennent.

Maintenant que tu es rentré, quel impact aura ce voyage sur ton style de vie ? 

L’éducation, l’aide sociale, la protection des enfants… l’accès aux services de santé. On ne devrait jamais considérer ces luxes comme acquis. Nous avons énormément de chance et la plupart des enfants sur cette planète n’ont tout simplement aucun de ces avantages – des avantages que nous n’apprécions pas à leur juste valeur.

Selon toi, qu’est-ce qui pourrait convaincre d’autres personnes de s’inscrire au marathon ?

Il n’est pas exagéré de dire que presque tous les gens qui reviennent de Sierra Leone disent avoir vécu une expérience qui leur a changé la vie. Le sentiment d’avoir contribué à un projet d’envergure qui vise à transformer durablement le sort des enfants d’un des pays les plus pauvres du monde, la fierté qu’on ressent en joignant l’action humanitaire et l’effort sportif ambitieux… le frisson de franchir la ligne d’arrivée du plus fou des marathons.

Ligne d'arrivée Marathon SIerra Leone